Une image s’efface ; une légende se transmet
On me demande souvent de « refaire une image ». Je réponds toujours par une autre question : que voulez-vous qu’il reste de vous quand cette image aura vieilli ?
Une image est une surface. Elle plaît, puis lasse ; elle date au rythme des modes. Une identité, elle, est une structure — elle tient parce qu’elle dit vrai. Et une légende est ce qui arrive à une identité lorsqu’on la porte, avec constance, assez longtemps pour qu’elle se transmette.
C’est toute la différence entre communiquer et bâtir. Communiquer, c’est occuper l’instant. Bâtir, c’est déposer une trace que d’autres reprendront.
On ne se construit pas une image. On révèle une identité.
Révéler, ce n’est pas inventer. C’est retirer ce qui masque : les postures empruntées, les mots des autres, la peur de déranger. Ce qui reste, quand on a tout retiré, c’est la matière d’une légende.
Voilà pourquoi je ne fabrique pas des images. Je cherche, sous l’image, la vérité qui durera plus longtemps qu’elle.
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