L’enfant qui portait un nom
Je m’appelle Toupia, un nom hérité de mon grand-père, Joseph Bazona Bado. Toupia : celui qui est venu chercher et apporter quelque chose à l’humanité. Un nom qui, très tôt, m’a appris qu’on ne porte pas une identité par hasard : on en répond.
D’Ehania aux bancs de l’Université Professeur Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, j’ai grandi avec l’intuition tenace que ce que l’on est vaut d’être vu, à condition de savoir le révéler.
La mère qui partit
Ma mère, Monique, s’est battue contre le diabète pendant que j’apprenais, seul, le graphisme dans les cybercafés de la nuit. Le jour, un premier emploi ; la nuit, l’autoformation, obstinée.
Le 8 octobre 2009, elle nous a quittés. Son souvenir est resté ma boussole intime, et la raison secrète de presque tout ce que j’ai bâti depuis.
L’agence née de la douleur
En 2010, avec l’unité centrale que m’avait prêtée mon cher ami Souleymane Yanogo, dit Vié, j’ai fondé Armonik ViZion. Le nom n’est pas un hasard : « Ar » pour l’art graphique, « Monik » pour Monique, la quintessence des valeurs qu’elle m’a transmises. Elle qui aimait à me dire : « Cyrille, sois toujours en harmonie avec toi, avec ton environnement. » Armonik ViZion est l’écho de cette vision : une manière harmonieuse de faire notre métier, dont la cause du bien-être des femmes est devenue le cœur battant.
Faire de la perte une matière, du manque une méthode : l’agence fut ma manière de continuer une conversation que la mort avait interrompue.
On ne se construit pas une image — on révèle une identité.
La révélation de Ouagadougou
Ce jour-là, j’étais l’expert invité. On m’a pris pour le technicien venu régler le vidéoprojecteur. Ce malentendu, presque risible, fut un choc fondateur.
J’ai compris que la compétence, quand elle reste muette, n’existe pas aux yeux du monde. C’est là qu’est né mon combat : le silence des compétents.
Le tournant
En 2017, dix ans après mes premiers pas dans le graphisme et la communication, un bilan annuel m’a mis face à une question : qui serais-je dans les dix prochaines années ? Continuer dans le graphisme, ou me réinventer dans un domaine qui capitalise tout ce que j’avais appris ?
La réponse est venue d’une combinaison. Design graphique, communication, développement personnel : à l’intersection de ces trois compétences, un mot revenait. Le branding, et le personal branding. Ce fut le déclic.
En pleine pandémie, j’ai entamé un parcours de certification à l’Institut Personal Branding de Paris. Un investissement de plus de trois millions de francs CFA, et la conviction que je ne voulais plus fabriquer des messages : je voulais aider à bâtir des légendes.
En 2020, j’ai donné un corps à ce nouveau positionnement en fondant Brand Performer. De la compétence à la légende : c’est devenu ma ligne, et ma promesse.
Je n’ai pas quitté la communication. J’ai choisi de bâtir des légendes.
Je n’ai pas quitté la communication. J’ai choisi de bâtir des légendes.


